Le séjour s’est déroulé du 12 au 19 avril 2026.
Les Alpes de Lyngen sont un endroit mythique pour le ski de randonnée, mais il faut être conscient des éléments suivants selon la période où l’on y va. En avril, la nuit raccourcit et il ne fait plus totalement noir, ce qui compromet la possibilité de voir des aurores boréales. Quand nous sommes arrivés, notre guide nous a confirmé qu’elles n’étaient plus visibles à cette période… Au retour vers l’aéroport de Tromsø, le chauffeur de taxi nous demande si nous avions vu l’aurore boréale la nuit… Dans l’avion, mes voisins ont filmé et vu des aurores boréales vers 23h30… C’est donc dommage, car bien que nous étions couchés vers 22h à cause de la fatigue, nous aurions quand même profité d’une nuit pour les apercevoir, car la météo était excellente.
Concernant la neige, c’étaient des conditions de neige de printemps avec un merveilleux soleil, ce qui est normal car nous sommes au début du printemps. Donc oubliez la poudreuse, c’est assez rare à cette période, bien qu’il ait reneigé fin avril et début mai.
En résumé, il y a des compromis par rapport à certaines idées reçues :
Soit on part plus tôt en mars pour privilégier la neige et les aurores boréales, mais avec des journées plus courtes et plus de risques de mauvais temps, pouvant carrément empêcher de sortir à cause du blizzard ou de voir ces aurores.
Soit on part plus tard en avril pour privilégier le soleil et les bonnes conditions de randonnée, on profite d’une bonne slush powder — neige transformée super agréable à skier — mais au risque de ne pas voir d’aurores ni d’avoir de poudreuse.
En étant conscient de cela avant de partir, vous profiterez pleinement de votre séjour.
Dernier point terne : les informations chaotiques concernant le fonctionnement des bagages oversized par Allibert, tout comme le check-in. Comme il y a parfois plusieurs escales, avec plusieurs compagnies, il faut bien vérifier le check-in avant de partir, et ne pas hésiter à regarder sur tous les sites de chaque opérateur de vol. Par exemple, mon vol était géré par SAS, mais il y avait des avions Lufthansa. Le check-in SAS est trompeur : il faut bien le faire 24h avant, car il y a une page de « faux » check-in plus tôt, permettant de choisir sa place, mais qui ne constitue pas le vrai check-in, donc stress. Ensuite, pas un participant n’a eu le même traitement pour les bagages de ski : certains ont payé un petit surcoût en plus, d’autres pas. Parfois, les compagnies font du surbooking pour les skis. Vous avez donc bien votre place pour vous et votre bagage, mais les skis peuvent arriver plus tard, un autre jour. Heureusement, ce ne fut le cas pour personne dans notre groupe. Mais j’incite à la prudence et à bien vérifier vos check-in. Il vaut mieux trop que pas assez.
Place au séjour !
J’avais une escale à Francfort, et le vol Francfort => Tromsø met directement dans l’ambiance, car il n’y a que des riders avec leurs chaussures de ski autour du cou et leurs tenues de montagne. On sait où on va :D
L’arrivée à Tromsø par avion est incroyable en termes de vue.
On se fait accueillir par notre guide, Benoît, qui a été exceptionnel tout au long du séjour, avec une approche de sophrologue sur la gestion de l’effort et la pratique en montagne.
L’arrivée à Tromsø est dingue pour les habitués des Alpes. On se balade avec les skis, on voit les montagnes et on entend les mouettes au port. Après 2h de route pour se diriger vers les environs de Lyngseidet, nous arrivons aux Viking Cabins, tenus par Haakon et son épouse. Directement dans l’ambiance : ce sont des lodges vikings authentiques en bois, très confortables et spacieux, avec un sauna au bois à l’extérieur, toujours agréable après les sorties. Repas uniques le matin et le soir, sous forme de buffet : on s’est régalés, autour de la table centrale, avec ces immenses chaises de 1m60 de dossier, représentant chacune le profil des plus grands sommets. On se prend pour de vrais Vikings :D
La météo a été ensoleillée toute la semaine, à monter en t-shirt, avec seulement une matinée un peu pluvieuse, mais le soleil est revenu ensuite. On démarre à altitude 0, au niveau de la mer, pour faire des sommets à 1000 ou 1500 m, donc ça fait pas mal de dénivelé… mais sans l’acclimatation, ce qui change des Alpes françaises où l’on part souvent de 2000 m. La neige était un peu rare tout en bas, donc il fallait parfois marcher 15 à 20 minutes. Ensuite, ça attaque assez raide, mais rien d’insurmontable, typique des fjords qui tombent vite dans la mer. Puis la topologie s’aplanit avant de remonter vers le sommet.
Il s’agit de randonnée accessible : il n’y a pas de passages compliqués, il faut juste une bonne caisse car il y a du D+.
Les paysages sont époustouflants. Se retourner en montée et voir les fjords, la mer à perte de vue, c’est grisant. Tout comme les descentes : il suffit de décoller les yeux des skis pour voir ce décor surréaliste de neige et de mer à perte de vue.
Nous avons également traversé le glacier qui mène au Tafeltinden, immense dôme de glace. En pleine nature, nous avons vu des lapins blancs, des lagopèdes et des rennes sauvages. Les spots sont assez fréquentés par les Norvégiens, mais aussi par pas mal de Français, d’Italiens et d’Allemands.
Nous avons pris le ferry pour traverser le fjord et rider à Olderdalen. Mais le plus dingue, c’était de prendre un petit hors-bord pour rejoindre une plage abandonnée, avec débarquement direct sur la plage sauvage — sans quai — pour chausser et commencer directement la montée. Sea to Summit, comme on dit.
La Norvège, c’est vraiment exceptionnel pour tout amateur de ski de randonnée freeride. Il y a beaucoup d’options de technicité, tant en montée qu’en descente, selon son niveau. Les paysages en mettent plein la vue. Cela m’a laissé un souvenir impérissable, au point même d’avoir un coup de cafard la semaine suivant le retour.
Merci Benoît pour la balade, tu nous as régalés !