Le Népal, histoire de guides
« Dès le début, Philippe Allibert avait envie d’organiser des stages pour aller là où on avait envie d’aller. Au début, les seules aventures que l’on pensait vivre, c’était dans les Alpes. Au cours des années 1980, les clients ont eu envie d’aller plus loin… Des voyages qui sont devenus classiques depuis. Le Kilimandjaro, le Pérou, et bien sûr, le Népal. »
Jean-Luc Poulat, co-fondateur d’Allibert Trekking
Le Népal… Terre de temples et d’inspirations

Le rideau s’ouvre sur 2000 sommets culminant entre 6000 et 8000 mètres d’altitude. Des paysages variés, des forêts boisées aux glaciers les plus purs, sont le berceau millénaire d’ethnies et de cultures préservées. Ici, dans les grandes et longues vallées du Népal, les rouleaux à prières contenant les intangibles écritures tournent, les drapeaux à prières colorés flottent au vent et les marchandises sont transportées à dos d’hommes ou de bêtes. Un tableau profondément évocateur, avec l’Himalaya en toile de fond : un véritable paradis pour les alpinistes et les trekkeurs.
Sa capitale, Katmandou, la bouillonnante, est bien plus qu’une escale avant les montagnes. Sa ferveur est immense, de la rivière sacrée Bagmati, vénérée par les hindouistes, au calme impénétrable de Bodnath, le plus grand stupa du pays, havre de paix des bouddhistes. Sur les hauteurs de la vallée, le Temple de Swayambhunath, surnommé le « temple des singes », veille sur la ville et offre une vue saisissante sur Katmandou et les premiers contreforts himalayens.
La vallée du Khumbu, cœur vibrant de la chaîne himalayenne, terre des Sherpas venus il y a longtemps de lointaines provinces tibétaines, est la plus célèbre contrée du Népal. Namche Bazar en est la capitale perchée. Au-delà, s’étend le royaume des infinis, entre monastères, villages parsemés et sommets de plus de 6000 mètres d’altitude. Terre fascinante, le Népal a été l’un des premiers pays à développer le trekking, notamment grâce à la présence du mont Everest, plus haute montagne du monde avec ses 8 849 mètres d’altitude. La reine de toutes les montagnes, le toit du monde, « Chomolungma » en népalais. Depuis la première ascension en 1953 par le Néozélandais Edmund Hillary et le Népalais Tenzing Norgay, par l’arrête sud, nombreux sont ceux qui ont voulu gravir ce colosse. Pour réaliser cette ascension, ces derniers ont été aidés par la population locale, dont tous les membres s’appelaient « Sherpa ». Ils ont donc embauché un « Sherpa », un habitant de la vallée de l’Everest. Par extension, l’expression est entrée dans le langage courant : un sherpa désignant « quelqu’un qui porte ».
De nombreuses autres vallées emblématiques – Annapurnas, Manaslu, Dolpo, Mustang - renferment de hautes terres d’humilité où chaque pas permet de s’acclimater à la haute altitude. Sommets grandioses, sentiers multiples, parois vertigineuses, le Graal de bons nombres de voyageurs passionnés, faisant assurément naître des vocations.
Le Népal… Terre de guides

À la création, Philippe Allibert, Jef Tripart et Jean-Luc Poulat organisent seuls des voyages d’alpinisme pour la clientèle française. Bientôt, trois guides ne suffisent plus. Le succès demande d’avoir de plus en plus de guides de haute montagne, puis de s’ouvrir également plus globalement à la montagne en général, en développant la pratique du trekking encadré.
L’agence embauche ainsi des accompagnateurs en moyenne montagne (AMM) pour leur confier les expéditions non techniques, afin de répondre à la demande grandissante. Jusque dans les années 1990, un guide français se rendait au Népal pour encadrer des groupes de voyageurs venus avec lui. Sur place, il rejoignait un correspondant local qui parlait un peu anglais et qui pouvait communiquer avec l’équipe locale en népalais. Le guide français était alors chargé de l’encadrement du groupe tandis que le guide local népalais était garant de la logistique et de l’organisation.
Dans les années 1995, un constat sans appel est fait sur le terrain : les clients recherchent davantage l’échange avec les locaux et apprécient grandement le contact avec le guide local, qui partage directement sa culture et ses connaissances de son propre pays. De plus, il devient essentiel de soutenir un tourisme qui, à la fois, respecte les populations sur place, préserve les territoires visités et participe à la croissance économique locale. Fort de ces observations, le recours aux guides locaux s’impose, créant un tournant dans le monde du tourisme d’aventure.
Une contrainte majeure voit alors le jour : assurer la sécurité des clients, sans un guide français sur place. Une nouvelle page à écrire…
Le Népal… Terre de transmissions

Si vous demandez à un guide ce qu’il préfère dans son métier, il vous répondra sûrement « le partage, les gens, la transmission ». L’essentiel. Le socle est bien là. Pour parler de sa culture, de ses traditions et de ses montagnes sacrées, aucune formation n’est nécessaire. Le cœur parle. C’est principalement sur la notion sécuritaire qu’un transfert de compétences devait être assuré.
La sécurité passe en premier lieu par la maîtrise de la langue de Molière. En effet, pour que toutes les règles de sécurité soient comprises par les clients, les explications se doivent d’être claires et compréhensibles par tous. Allibert Trekking est alors entré en contact avec les guides locaux qui parlaient déjà français sur place. Nombreux sont les guides népalais qui ont appris le français à l’Alliance Française de Katmandou, institut certifié qui promeut la langue française en proposant des cours ouverts à tous. Beaucoup se sont aussi perfectionnés directement au contact de la clientèle française en étant porteur, cuisinier, chauffeur ou assistant-guide.
« Pour le côté technique, Allibert Trekking a fait le choix de se rendre sur place, pour former les guides locaux aux principes et aux réglementations propres à l’agence, toujours dans l’intérêt et la sécurité des clients » explique Patrick Boucherand, responsable de la formation des guides chez Allibert Trekking.
Aujourd’hui, les formateurs français se rendent au Népal tous les 18 mois pour poursuivre et consolider la formation des guides locaux. La gestion de l’altitude et de l’oxygène sont les notions fondamentales à maîtriser, demandant de bonnes connaissances du sujet pour s’adapter à toute situation.
Depuis quelques années, Allibert Trekking a d’ailleurs mis en place un partenariat avec des médecins français pour faire de la télémédecine, c’est-à-dire une consultation médicale à distance, grâce à une communication via un téléphone satellite. Pour que cette télémédecine fonctionne bien, il y a un médecin d’un côté, en France, et de l’autre côté, un guide formé, sur place au Népal. Pour ce faire, la formation permet aux guides népalais d’être aptes à communiquer avec un médecin français - en maîtrisant le jargon nécessaire -, d’être capables d’établir un bilan sanitaire précis et de communiquer des informations claires au médecin pour décrire la situation sur place.
Une bonne maîtrise du matériel pour réaliser ces randonnées en altitude est aussi indispensable : un oxymètre, permettant de vérifier la saturation en oxygène dans le sang, et un caisson hyperbare, destiné à aider une personne qui ne s’est pas bien acclimatée à l’altitude. La présentation et la démonstration de ce dernier sont d’ailleurs systématiquement réalisées par le guide avec l’ensemble du groupe dans les premiers jours du séjour. Ce socle solide de connaissances permet une gestion préventive et donc des risques très fortement réduits.
La formation comprend aussi l’assimilation de compétences en secourisme, en pédagogie et en résolution de conflit, notamment avec l’apprentissage de notions liées à la communication verbale et non-verbale. Sans oublier, la tâche la plus fine, la cohésion de groupe, pour que « la sauce prenne », que les liens se tissent et que les souvenirs deviennent inoubliables.
« Aujourd’hui, Allibert Trekking travaille uniquement avec des guides népalais francophones, qui ont été validés par nos formateurs internes. Chaque guide a été évalué sur sa capacité à s’exprimer en français, sur sa démarche de prévention des risques et sa capacité à gérer la vie du groupe », confie Patrick Boucherand. Désormais, il n’y a plus de guides français sur les sentiers du Népal sauf pour des expéditions très techniques, même si les Népalais tendent aussi à perfectionner leurs compétences dans ce domaine. Il ajoute : « Nous avons fait le choix de réaliser un réel transfert de compétences pour développer leur professionnalisme en garantissant à nos clients que les guides qui les accompagnent respectent notre cahier des charges ». Une véritable réussite, combinée à l’échange privilégié avec les locaux, tant plébiscitée.
Le Népal… Terre de fiertés

Au fil des années, le développement du trek, plus accessible, a permis aux randonneurs d’observer les géants d’en bas, sans avoir à les gravir. De nouveaux itinéraires sont nés, avec des randonnées en belvédère faciles et des panoramas somptueux, pour le plus grand bonheur de tous.
Ce développement a permis à de nombreuses vallées de rester habitées. Les lodges, dans l’esprit convivial des refuges, se sont développés. Avant, dans les années 1990, seulement l’itinérance en bivouac existait. Désormais, des villages entiers sont dédiés au tourisme : là où il y avait des champs entiers dédiés au bivouac, les Népalais ont construit d’abord un lodge, puis un restaurant, puis des maisons pour les porteurs… Le métier de porteur s’est ainsi structuré au fil des ans, notamment avec un accord transversal pour limiter le nombre de kilos portés, auquel Allibert Trekking a participé en s’engageant à ne pas dépasser 30 kg par porteur. L’agence veille également à contracter une assurance spécifique pour ces derniers et à leur fournir un équipement spécifique pour les passages de col en altitude.
Aujourd’hui, certains villages vivent uniquement grâce à l’expansion du trekking : porteurs, cuisiniers, sirdars (chef de l’équipe locale), guides, qui partent sur les sentiers, ainsi que les boulangers, hôteliers ou éleveurs, faisant vivre le village. Il y a des emplois directs, indirects et induis. Dans les vallées montagneuses népalaises, la vie quotidienne est intimement liée au tourisme, si bien que ce secteur représente environ 7 % du PIB du Népal. Le trekking est une source première de revenue, vitale, comme l’a une fois de plus démontré la pandémie mondiale du Covid-19. Après avoir été terriblement paralysé durant une longue période, le Népal, porté par des habitants fiers et courageux, s’est relevé grâce à sa réputation infaillible de « terre de trekking par excellence ».
Et c’est aussi cette réalité, que le guide local tient à transmettre aux voyageurs de passage. Quels qu’ils soient et indifféremment de ce qui les anime. Le « petit supplément d’âme » qui permet une découverte du pays de l’intérieur. Un enfant du pays qui fait découvrir son village, raconte des légendes transmises de génération en génération, s’arrête chez un éleveur de yacks, fabrique sa pugea pour le consumer au passage d’un col en guise de protection… Partager. Avec celui qui a grandi ici. Le guide est un trait d’union entre deux cultures, pour ouvrir des portes sur son monde, favoriser les échanges, donner des clés pour s’initier avec respect à la puissance du spirituel, des drapeaux et des rouleaux à prières.
Une expérience humaine, qui passe par la découverte d’une culture fascinante, de villages animés aux marchés colorés, de monastères millénaires et par un partage profondément riche avec les locaux et les camarades croisés en chemin. Et ce, depuis des décennies, aussi bien sur les sentiers que sur les sommets !
FAQ - Tout savoir sur le népal
Everest, Annapurna, Manaslu... Quelles sont les principales régions pour randonner au Népal ?
Le Népal est une destination incontournable pour le trekking, offrant une grande diversité de paysages et d’itinéraires adaptés à tous les niveaux. Voici les principales régions où randonner au Népal :
-
Annapurna : une région très complète pour un premier trek au Népal avec rizières, forêts et hauts cols.
-
Everest - Khumbu : une destination mythique de haute montagne, parfaite pour des trekkeurs en quête de défis et de panoramas sur les plus hauts sommets du monde.
-
Manaslu : une région plus confidentielle et authentique, marquée par une forte culture tibétaine.
-
Vallée de Kathmandu : idéale pour une approche culturelle du Népal, centrée sur la découverte du patrimoine et des sites religieux.
-
Kangchenjunga : une région sauvage et peu fréquentée, recommandée aux randonneurs expérimentés.
-
Dhaulagiri : des itinéraires engagés dans un environnement glaciaire et isolé, destinés à des trekkeurs aguerris.
-
Mustang : une région aux paysages arides rappelant le plateau tibétain.
-
Dolpo : un territoire reculé, idéal pour une immersion totale et une aventure hors des sentiers battus.
- Langtang : des treks accessibles combinant nature et culture dans une région moins fréquentée.
Pour plus de détails sur chacune de ces régions, consultez notre article quand partir au Népal et quelle région choisir ?
Que voir et que faire au Népal en dehors des grands itinéraires de trek ?
Au-delà des grands itinéraires de trek, le Népal réserve des expériences qui marquent durablement. La stupa de Boudhanath, à Katmandou, est l'une des plus grandes du monde bouddhiste : tourner autour de ce monument sacré au coucher du soleil, entouré de moines en prière, reste un moment hors du temps.
La gastronomie locale mérite aussi une attention particulière. Le dal bhat (composé de riz, lentilles et légumes) constitue le repas du soir incontournable des Népalais. Les momo, raviolis vapeur farcis à la viande ou aux légumes, se dégustent partout, des marchés de rue aux restaurants de Pokhara.
Au sud du pays, le parc national de Chitwan dévoile un tout autre visage du Népal. Cette immense réserve tropicale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, abrite une faune exceptionnelle : rhinocéros unicornes, crocodiles gavials, éléphants sauvages et, plus discrètement, le célèbre tigre du Bengale. Entre safari en jeep, balade en canoë sur la rivière Rapti et observation des oiseaux au lever du jour, Chitwan offre une immersion inattendue dans les jungles de la région du Teraï.
Combien coûte un guide local francophone au Népal ?
Le coût d’un guide de haute montagne francophone au Népal varie selon la région, la durée du trek et le niveau d’encadrement souhaité. Pour un voyage au pied de l’Himalaya, il faut généralement prévoir un budget plus élevé qu’avec un guide anglophone local, en raison de la rareté des accompagnateurs francophones qualifiés. Ce choix offre toutefois un vrai confort : meilleure compréhension des consignes de sécurité, échanges facilités et accompagnement rassurant, notamment lors des treks en altitude nécessitant une bonne condition physique. Avec une agence spécialisée comme Allibert Trekking, l’encadrement, la logistique et le suivi sur place sont inclus dans le prix du voyage.
Quel est le meilleur mois pour visiter le Népal ?
Octobre et novembre s'imposent comme les mois de prédilection pour un voyage de rêve au Népal. Le ciel est dégagé, les températures clémentes et les panoramas sur l'Himalaya absolument saisissants — idéal pour les itinéraires de trek vers le sanctuaire des Annapurnas ou le camp de base de l'Everest.
La mousson, qui s'étend de juin à septembre, rend les sentiers glissants et les vues souvent bouchées. À éviter pour le trekking en altitude.
Mars et avril constituent une excellente alternative printanière : les rhododendrons en fleurs tapissent les flancs des montagnes d'un rouge éclatant, et les températures restent douces jusqu'à 4 000 mètres. Pour les voyageurs souhaitant découvrir Katmandou et le lac Phewa à Pokhara, ces mois offrent un cadre idyllique avant les grandes chaleurs.
Est-il prudent de voyager au Népal ?
Le Népal est une destination sûre pour les voyageurs français. Le ministère des Affaires étrangères classe la grande majorité du territoire en vigilance normale. L'insécurité au Népal reste limitée.
Voyager avec Allibert Trekking, spécialiste depuis plus de 50 ans, réduit considérablement les imprévus, grâce à un encadrement professionnel sur le terrain et des itinéraires de trek sûrs.