Un voyage dans le désert de Mauritanie : un autre espace temps
« Le premier est amer comme la vie,
Le deuxième, fort comme l’amour
Et le troisième, doux comme la mort ».
Dès l’arrivée à l’aéroport, le dépaysement est total. Une sorte de préfabriqué, un ventilateur d’un certain âge qui tente de rafraîchir l’atmosphère et le crissement de la chaise en plastique de l’officier qui contrôle mon visa... Trois détails qui donnent le ton d’un voyage assurément authentique. Je récupère mon sac d’une facilité déconcertante, je sors de l’aéroport et le désert est déjà là. « On est direct dans le bain ! ».
« Le Sahara, enfin. »

Le désert est partout, tant dans les villes que nous traversons pour rejoindre le point de départ de notre aventure en Mauritanie, que dans son écrin naturel tant attendu. Dès le premier jour de randonnée, j’ai droit à cette rencontre si longtemps désirée. Un tête-à-tête avec le Sahara. « Je ne suis pas déçu ! C’est exactement l’image que j’en avais. ». Un océan de dunes à perte de vue, une véritable mer de sable, avec des vagues de toutes les tailles… Je me souviens m’être dit : « Ça y est, on y est ! ».
Je suis particulièrement frappé par l’éventail de couleur revêtu par le sable, tantôt très clair dans la Vallée Blanche, tantôt ocre, ou jaune. Ma première nuit au creux de ce géant doré me laisse un souvenir impérissable. Au premier bivouac, nous choisissons de dormir à la belle étoile, au sommet d’une dune, face au désert. « Il y avait du vent, on a bien senti la présence du sable, mais c’était incroyable ! ». L’image du désert dont j’avais si souvent rêvée était là, sous mes yeux. C’est d’ailleurs la première fois que j’ai dû lutter pour trouver le sommeil, tant la lune était lumineuse. « Je me réveillais et j’avais l’impression d’être en plein jour… C’était fou ! ».

Après plusieurs jours d’immersion dans ce décor irréel, l’ambiance change complètement pour laisser place à une autre facette du désert, plus rocheux, plus minéral, aux petits airs « d’Ouest américain ». J’ai apprécié cette diversité : le sable, la roche et la végétation qui apparaît en cadeau. Il y a aussi une vie ici. Et depuis très longtemps. Nous avons d’ailleurs pu admirer des peintures rupestres, représentant des girafes, en gravissant la crête de Chatou es Saghir, datant de plusieurs millénaires, à une époque où la savane occupait le terrain, avant que le désert n’arrive jusqu’ici.
Cette vallée est un kaléidoscope de paysages : les dunes bien évidemment mais aussi les oasis, les canyons, les palmeraies, les villages… Pour finir en beauté au cœur de l’Oasis de Terjit, située à l’ombre d’une faille. « Un endroit absolument incroyable, au creux d’un canyon, avec des sources naturelles et des vasques d’eau claire ». La transition surprenante d’un environnement très aride à un écrin de verdure. Une fin en apothéose !
« Il y a aussi une vie ici. »

Certains jours, nous ne croisons personne sur notre chemin, ou peut-être une caravane de dromadaires au loin, appartenant à un autre groupe de randonneurs, venus comme nous réaliser cette expérience du désert. D’autres jours, nous avons la joie de traverser des villages, dont la construction – par l’architecture et les matériaux employés - laisse transparaître les différentes classes sociales qui peuplent les lieux. En béton, la maison du chef du village, régnant sur une partie des habitations faites de briques, et sur des huttes, uniquement en paille. Les villages sont très éloignés les uns des autres, souvent battis à côté d’une palmeraie et d’un point d’eau pour pouvoir cultiver des vivres. Certains villages ne comprennent que des huttes. Plus la ville est grande, plus cette hiérarchie est visible. Dans chaque village, un puit comme ressource essentielle. Une réalité marquante, souvent sans eau courante et sans électricité. Et au milieu de chaque bourgade, même les plus petites, domine la mosquée, soulignant l’importance de la religion dans ces contrées.
« Un bain de foule »

La saison touristique étant assez courte dans le désert de l’Adrar – de décembre à mars - la population locale n’est pas habituée à recevoir de la visite. L’entrée dans le village est toujours un moment précieux. L’accueil des enfants m’a beaucoup marqué. Ils accourent de tous les coins pour venir à notre rencontre, de manière si spontanée, sans se poser de question, sans distance aucune, simplement guidés par l’envie d’aller vers l’autre. L’insouciance de l’enfance à l’état brut. Même sans parler la même langue, l’échange est chaleureux, par le regard et les sourires échangés. Ils nous accompagnent durant toute la traversée du village, nous regardant nous éloigner au loin, se demandant surement ce que nous sommes venus faire ici.
Dans les villages plus importants, les jours de marché sont calqués sur le passage des randonneurs qui effectuent des treks dans le désert. Les étals, uniquement tenus par les femmes du village, dévoilent objets artisanaux, chèches – long foulard en coton porté dans le désert pour se protéger du soleil – ou encore dattes fraîches et produits dérivés dont la culture et l’économie sont très importantes dans le pays.
« Un autre espace-temps »

Du matin au soir, la vie sur le camp se compose de rituels, que nous découvrons dans un premier temps, puis que nous attendons impatiemment de jour en jour. « Tout naturellement, on vit avec le soleil, de son lever à son coucher ». J’ai l’impression d’être complètement déconnecté de ma réalité quotidienne. Et ce nouveau rythme n’est pas pour me déplaire. Chaque matin, observer la chorégraphie des dromadaires ou l’art d’un chargement au millimètre. Chaque jour, admirer l’orientation aiguisée de notre guide au cœur du désert et se demander : « Comment fait-il pour savoir que nous devons tourner à droite de cette dune-là ? ». Chaque soir, découvrir un nouveau lieu de bivouac, installé par les chameliers qui nous accompagnent, et se délecter d’un délicieux dîner préparé par notre cuisinier. Un manège des plus exquis.
Pour bien commencer la journée, une recette succulente nous permet de prendre tout de suite de bonnes habitudes : les crêpes « mille trous » du chef, recette traditionnelle préparée à la poêle. De quoi prendre des forces pour la randonnée du jour ! Entre dunes, rochers et villages, nous faisons trois à quatre heures de marche le matin, dans un silence impressionnant, brisé parfois par des chacals au loin. Des moments rares, faits à la fois d’introspection et de beaux instants de partage.
Puis vient le temps de la pause au camp de « mi-journée » installé par les chameliers. Tout est prêt, le cuisinier étant parti avant nous pour préparer une belle et grande salade colorée. En récompense de nos efforts, une citronnade maison ou un succulent jus d’hibiscus local. Les heures les plus chaudes arrivant, nous patientons ici que les températures redescendent. Au programme, sieste pour une bonne partie du groupe, pendant que, de mon côté, je gravis les dunes environnantes, muni de mon appareil photo pour tenter de capturer cette parenthèse hors du temps. « On est là qu’une fois, et je voulais en profiter ».
Vous souhaitez faire le même voyage que Yoan ?
>> Adrar hors du temps : de Maaden à la Vallée Blanche <<
« Pour mieux recommencer le lendemain »

Nous reprenons ensuite la marche en milieu d’après-midi pour arriver en fin de journée au campement. Et les rituels recommencent : installation, remplissage des gourdes, petite toilette de chat… « On s’habitue à tout dans le désert, même au fait de ne pas se laver ! Et de toutes façons, tout le groupe est dans le même bateau ! ».
Nous nous retrouvons alors autour du thé avec « les petits biscuits du chamelier, les cacahuètes et les dattes » qui deviennent avec le temps une nouvelle madeleine de Proust. Les dattes sont extraordinaires : toutes petites, très noires et très concentrées en sucre, presque caramélisées. Un délice !
Vient alors mon moment préféré de la journée : la préparation du feu. Le soir venu, tous installés en cercle, nous assistons à un merveilleux spectacle. Les chameliers allument un grand foyer principal ainsi que plusieurs petits feux : il y a celui pour le pain, celui pour le repas du soir, celui pour le thé et encore un autre pour les pâtes ou le riz de la salade du lendemain. « On dirait une gazinière avec plusieurs plaques de cuisson ! ». C’est un moment vraiment magique : tout le monde se rassemble autour du feu, la nuit tombe, le temps s’arrête, les étoiles s’élèvent dans le ciel… On se regarde, le visage orangé, éclairé par les flammes. C’est unique !
Nous découvrons alors le pain du désert et sa cuisson traditionnelle. Après avoir préparé la pâte au préalable, le pain est modelé et placé dans un trou puis recouvert de sable et de cendres incandescentes. « Le pain cuit ainsi, c’est impressionnant à voir ! ». On obtient un pain dense, parfait pour le petit-déjeuner, idéal pour les journées de trek « et sans jamais manger un grain de sable ! ». Peut-on faire plus authentique ?
« Des mots qui résonnent. »

Après le dîner, place à la cérémonie du thé… Le dernier moment de la journée. En Mauritanie, le thé se déguste en trois fois, avec trois services différents et un breuvage à la saveur de plus en plus sucrée. Un instant. Avant de le boire, ces vers prononcés par notre guide : « Le premier est amer comme la vie, le deuxième fort comme l’amour et le troisième doux comme la mort ». Ces mots résonnent encore… Comme dans le ciel pur et clair de nos nuits à la belle étoile. Pour mieux recommencer le lendemain.
Des repères, des habitudes, des rituels, qui reviennent et qui ne nous laissent pas tout à fait les mêmes que la veille. Des sourires, des regards, des chants qui s’impriment dans nos mémoires. Du sable, du vent, des gens qui parsèment notre imaginaire de nouvelles réalités. Des villages, des oasis, des croyances qui ajoutent au temps un soupçon de magie. La magie de prendre un autre rythme pour mieux prendre conscience du temps qui est le nôtre. « Je n’avais jamais été autant dépaysé, et j’ai profondément aimé cela. ».
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⸱ FAQ - Voyager en Mauritanie avec l'agence Allibert ⸱
Où se trouve la Mauritanie sur une carte ?
La Mauritanie occupe le nord-ouest du continent africain, positionnée comme un vaste carrefour entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Avec ses 1 030 700 km², elle représente près du double de la superficie de la France.
Le pays partage ses frontières avec :
- Le Maroc et l'Algérie au nord
- Le Mali à l'est
- Le Sénégal au sud
- L'océan Atlantique à l'ouest, sur plus de 750 km de côtes
Nouakchott, la capitale, se situe directement sur la côte atlantique. Plus de deux tiers du territoire sont recouverts par le désert du Sahara, ce qui en fait l'une des destinations les plus authentiques pour un trek dans le désert. La région de l'Adrar, au centre-nord du pays, concentre les sites emblématiques comme Chinguetti — classée au patrimoine mondial de l'UNESCO — et constitue le cœur des circuits de randonnée et de trek en Mauritanie.
Quelle est la meilleure période pour aller en Mauritanie ?
La meilleure période pour effectuer un voyage dans le désert de Mauritanie s'étend de mi-octobre à fin mars. Durant ces mois, correspondant à la saison sèche et fraîche, les conditions climatiques sont optimales pour la randonnée et le bivouac.
En journée, les températures sont particulièrement agréables, oscillant généralement entre 20 °C et 25 °C, ce qui permet de marcher confortablement sans subir les chaleurs extrêmes du Sahara. Il est toutefois important de noter que les nuits en plein désert peuvent être froides durant cette période, le thermomètre descendant parfois proche de 0 °C, notamment en décembre et janvier. Un équipement adapté pour le couchage est donc indispensable pour savourer pleinement l'expérience des nuits à la belle étoile.

Quels sont les circuits de trek et les séjours en Mauritanie possibles avec Allibert ?
Allibert Trekking propose une gamme complète de voyages accompagnés pour une immersion totale en Afrique de l'Ouest. Pour découvrir la Mauritanie dans ce qu'elle a de plus authentique, vous pouvez opter pour un trek en Mauritanie au cœur des massifs dunaires de l'Adrar ou de l'erg Amatlich. Ces circuits sont encadrés par un guide expérimenté et toute une équipe locale aux petits soins, comprenant un cuisinier et des chameliers. Ensemble, ils assurent la logistique de votre randonnée dans le désert, du portage par les caravanes chamelières à la préparation des repas et au partage de leurs traditions comme la fabrication du pain de sable lors du feu de camp.
Au-delà de la marche pure, des séjours "découverte" en Mauritanie permettent aussi d'explorer des sites naturels et historiques d'exception. Vous pourrez ainsi découvrir le parc national du Banc d'Arguin, un espace naturel remarquable situé entre le désert du Sahara et l'océan Atlantique, célèbre pour ses oiseaux migrateurs et ses villages de pêcheurs Imraguen. Nos itinéraires incluent également la visite des cités caravanières mythiques comme Chinguetti, la "Sorbonne du désert", ou Ouadane, toutes deux classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Pour une expérience unique, certains circuits proposent même d'emprunter le célèbre train du désert, qui relie les mines de fer de Zouerate au port de Nouadhibou, offrant un voyage hors du temps à travers des paysages de sable à perte de vue.
Peut-on voyager avec le train du désert ?
Oui ! Emprunter le train du désert en Mauritanie, c'est s'offrir une immersion brute dans l'un des décors les plus extrêmes de la planète. Ce convoi mythique, considéré comme l'un des plus longs et des plus lourds au monde, étire ses deux kilomètres de wagons entre les mines de fer de Zouerate et le port minéralier de Nouadhibou, sur la côte atlantique. Véritable cordon ombilical du pays, il traverse les immensités du Sahara à un rythme lancinant, fendant les dunes et les plateaux rocailleux de l'Adrar dans un vacarme métallique qui contraste avec le silence absolu du désert.
C'est l'occasion de découvrir la Mauritanie sous un angle différent, loin des formules classiques. Chez Allibert Trekking, nous intégrons cette aventure ferroviaire sur certains de nos circuits pour vous permettre de vivre le désert mauritanien à un autre rythme. Cette parenthèse nomade permet de relier des sites majeurs, comme les mines de fer ou les monolithes de Ben Amira et Aïcha, tout en partageant un moment de vie authentique avec les populations locales qui utilisent ce train pour transporter marchandises et bétail. C'est une immersion complémentaire au trek en Mauritanie, une invitation à la contemplation où le temps semble suspendu.
>> Train du désert et Chinguetti <<
Sécurité : est-il sûr de se rendre en Mauritanie en ce moment ?
La Mauritanie est considérée comme globalement stable et sécurisée dans les zones touristiques de l'Adrar, où se déroulent nos circuits. Le ministère français des Affaires étrangères classe la région autour d'Atar en vigilance normale, ce qui permet d'y voyager en groupe accompagné sans restriction particulière.
Les zones frontalières avec le Mali et l'est du pays restent, elles, formellement déconseillées. Nos itinéraires n'y passent pas.
