Ascension de l'Everest, en route vers le sommet

L'équipe
Martine, spécialiste des séjours haute montagne pour Allibert Trekking et son mari François, guide de haute montagne, professeur à l’ENSA (École Nationale de Ski et d'Alpinisme).
Le projet
Faire l'ascension du mont Everest, alias Chomolungma, aussi connu comme la déesse mère du monde pour les Tibétains et le tout sans l’aide de bouteilles d’oxygène ! Notre équipe d'alpinistes emprunte la voie normale côté tibétain.
#1. La préparation de l'expédition tibétaine

Afin de côtoyer le plus haut sommet du monde, il est indispensable de se préparer mentalement et physiquement. Pour s'engager sur ce projet d'aventure, Martine et François ont, durant de nombreux mois, avalé des kilomètres tant en distance qu'en dénivelé ! Une préparation indispensable avant d’envisager d’atteindre le sommet de l’Everest.
« Encore et toujours préparer notre corps humain à la souffrance et à son acceptation, dans le but de savoir tenir et de durer, avancer pas à pas. Il y a forcément du rêve d’enfant dans le désir de réaliser un tel projet. Néanmoins, sa réalisation fait appel à toute notre expérience de fervents alpinistes. »
#2. L'acclimatation, étape clé de l'ascension de l'Everest
Lorsque vous vous lancer dans un projet d'une telle envergure et avec des altitudes défiant les lois de vies humaines, l'acclimation fait partie des piliers qui permettront une arrivée plus sereine au sommet et de limiter le risque de devoir faire demi-tour.
Dans la vallée du Khumbu, notre couple d'aventuriers se baladera en territoire sherpa. Au programme, des cols emblématiques comme le Renjo-La, le tout avec l'Everest en toile de fond.
#3. Arrivée au camp de base de l'Everest

À l'instar de l'itinéraire menant au camp de base côté népalais qui nécessite une dizaine de jours à pied, il est possible d'atteindre celui situé côté tibétain - 5 200 mètres - directement en bus. C'est ici que Martine et François effectuent leur deuxième phase d'acclimatation, face au magnifique versant nord de l'Everest, au Tibet. La suite de l’ascension vers le sommet de l’Everest se déroule désormais en haute altitude.
Direction le camp de base intermédiaire situé à 5 750 mètres à l'aide des fameux yakmen tibétains, notamment pour acheminer tout le matériel nécessaire au bon déroulé de l'expédition.
#4. Phase intermédiaire de l'expédition sur l'Everest
Les expéditions sont toutes organisées de la même façon : une fois atteint le camp de base en altitude, c'est un balai d'alpinistes qui s'opère. Dans le but d'habituer encore plus le corps et l'esprit à ces altitudes où l'oxygène vient à manquer, les allers-retours sur les versant du plus haut sommet du monde rythment les intenses journées. Chaque jour les prépare un peu plus à la montée finale vers le sommet de l’Everest.
Il faut aussi faire face aux aléas de la météo : avant leur dernière descente au village de Tingri à 4300 mètres pour se refaire une santé avant la grande montée finale, c'est une nuit de tempête de neige qui s'abattra sur le camp d'altitude. La redescente n'en sera que plus salvatrice, à mesure que le dénivelé négatif permettra de retrouver de l'oxygène et sera accueilli comme la promesse d'un vrai temps de repos à l'arrivée.
#5. L'ascension du sommet de l'Everest

Malgré toute la préparation en amont et les phases d'acclimatation, c'est une journée particulièrement délicate que vivent nos deux acolytes et leur guide, Gyalze Sherpa. Ils doivent se résoudre à utiliser de l'oxygène fourni par celui-ci à partir du camp 3, à 7 470 mètres, pour pouvoir poursuivre leur projet d'ascension du sommet de l’Everest.
L'arrivée sur une arête à 8 500 mètres, en pleine zone de la mort, résonne comme la fin de cette expédition. Martine, frigorifiée par le vent glacial venant du nord, perd soudainement la vue. Grâce aux années d'expérience de guide de haute montagne de son mari et du soutien de Gyalze, ils prennent la décision de redescendre, pour gagner en oxygène et permettre à Martine de recouvrer la vue petit à petit.
C'est aussi cela l'himalayisme : on ne peut pas toujours arriver au sommet ! Il faut alors être dans l'acceptation de soi, de la montagne, des éléments qui nous entourent.
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Tout savoir sur l'expédition de l'Everest

Où se situe l'Everest ? (ou Chomolangma en tibétain)
Il se situe à la frontière entre le Népal (district de Solukhumbu) et la Chine (région du Tibet), dans le parc national de Sagarmatha, nom népalais pour l'Everest, en plein cœur de la chaîne de l’Himalaya.
Népal, Tibet, Chine : dans quel pays se trouve l'Everest ?
Le mont Everest constitue un cas particulier puisqu'il est partagé entre deux nations : le Népal au sud et le Tibet, province autonome de la Chine au nord. Son sommet marque précisément la ligne de démarcation entre ces deux territoires souverains.Côté népalais, la montagne relève de la juridiction de la province de Koshi, anciennement appelée province n°1. Les autorités népalaises délivrent les permis d'ascension pour la voie sud, celle empruntée historiquement par Hillary et Tenzing. L'administration chinoise, quant à elle, contrôle l'accès par le versant nord depuis la région autonome du Tibet.
Cette double appartenance nationale influence directement les expéditions. Chaque pays impose ses propres règlements, tarifs et exigences pour les membres de l'expédition. Les alpinistes doivent donc choisir leur itinéraire en fonction non seulement des considérations techniques, mais aussi des formalités administratives de chaque nation.
Où se trouve l'Everest au sein de l'Himalaya ?
L'Everest appartient à la sous-chaîne du Mahalangur Himal, une section particulièrement élevée de l'Himalaya. Cette région concentre plusieurs géants de plus de 8000 mètres, formant un véritable sanctuaire de l'alpinisme mondial.
Le massif s'étend sur environ 120 kilomètres et comprend d'autres sommets mythiques comme le Lhotse, le Cho Oyu et le Makalu. Ces montagnes forment un arc impressionnant qui domine les vallées du Khumbu côté népalais et les plateaux tibétains au nord.
La position stratégique de l'Everest au centre de cette chaîne explique pourquoi les deux voies principales d'ascension - l'arête sud-est depuis le Népal et l'arête nord depuis le Tibet - offrent des approches si différentes. Le versant sud népalais présente des défis techniques avec la cascade de glace du Khumbu, tandis que l'approche tibétaine traverse des plateaux d'altitude avant d'affronter les pentes finales.

Quelle est l'altitude ou la hauteur de l'Everest ?
Le toit du monde se dresse à 8 848 mètres d’altitude. Il est la montagne la plus élevée sur terre avec ses près de 9 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est recouvert de glaciers, comme le glacier du Khumbu qui s’étend sur la face sud du mont Everest et qui se termine par une cascade de glace.
Quel niveau technique est nécessaire pour monter sur le plus haut sommet du monde ?
L'ascension du mont Everest s'adresse à des alpinistes chevronnés, ayant participé à de précédentes expéditions et déjà fait leurs preuves lors d'autres ascensions à plus de 7 000 mètres. Cela vous permet de savoir comment votre corps réagit à la hauteur et de prendre l’habitude d’évoluer à des altitudes si importantes.
La préparation se fait par paliers. Aussi, le mont Blanc (4 810 mètres), puis le Kilimandjaro (Tanzanie - 5 995 mètres), puis l’ Island Peak (Népal - 6 189 mètres), l’ Aconcagua (Argentine - 6 962 mètres), ou le Himlung Himal (7 126 mètres) dans la chaîne de l’Himalaya, sont des exemples d’étapes incontournables pour s’entraîner pour l’Everest.
Les connaissances dans le domaine de l’alpinisme et de la haute montagne sont primordiales : les techniques d’encordement , la marche avec des crampons et des piolets, la baisse de la pression atmosphérique, l’utilisation de bouteilles d’oxygène, les dangers de l’altitude, le risque d’avalanche, etc. L’ascension de l’Everest repose aujourd’hui largement sur l’utilisation de la bouteille d’oxygène, indispensable au-delà de 7 000 mètres (la "zone de la mort").
La forme physique doit être excellente, de même que la santé, et les tests auprès de médecins compétents sont nombreux avant le départ. Il est aussi essentiel de se préparer psychologiquement à cette expédition sur l’Everest. Il faut faire preuve de patience face aux conditions météorologiques et attendre la bonne fenêtre pour tenter l’ascension. Le froid, le manque d’oxygène, les vents violents et les symptômes du mal aigu des montagnes sont aussi des compagnons de route très souvent présents.
Combien de kilomètres faut-il parcourir pour monter l'Everest ?
Gravir le sommet de l'Everest ne se mesure pas vraiment en kilomètres, même si quelques repères existent. Entre le camp de base et le sommet, l’itinéraire classique fait environ 20 km, mais les rotations d’acclimatation portent la distance réelle à 60–80 km sur la montagne.

Qui a réussi à monter le mont Everest pour la première fois ?
Tenzing Norgay est le népalais d'origine Sherpa ayant réussi la première ascension de l'Everest avec l'alpiniste néo-zélandais sir Edmund Hillary, en 1953, par le col sud.
La toute première tentative a lieu en 1921, par une équipe britannique, composée, entre autres, de George Mallory. Il entreprend à nouveau l’expérience en 1922, puis en 1924, année où il meurt sur l’Everest. De nombreuses autres expéditions suivent, dont celle de 1951, déjà tentée par Edmund Hillary, où le groupe arrive à grimper pour la première fois la cascade de glace de Khumbu.
Quel est le record de l'ascension de l'Everest ?
L’Everest attire les envies de records depuis toujours. Le record de vitesse de la montée du mont Everest est tenu par Lakpa Gelu Sherpa, qui gravit le sommet en près de 11 heures, en 2003.
Un second record est établi en 2017 par le coureur Kilian Jornet, qui réussit la progression sur l’Everest en 26 heures, mais sans oxygène et sans corde fixe. Lors de cette expédition, il effectue deux fois l’ascension, en une seule semaine.
L'Everest attire également les premières fois. Par exemple, Jean-Marc Boivin est le premier à redescendre du sommet de l’Everest en parapente, en 1988. Rob Hall, guide de haute montagne néo-zélandais, est l’un des premiers à commercialiser des périples sur les sommets les plus mythiques du monde, dont l’Everest. Il meurt là-bas en 1996, et l’histoire de cette expédition inspire le film Everest. En 2002, le Chamoniard Marco Siffredi est le premier à descendre la face nord de l’Everest en snowboard, par le couloir Norton. Il y décède en 2003, lors d’une nouvelle ascension.
Combien de temps dure l'ascension de l'Everest ?
En moyenne, une expédition sur le toit du monde dure 60 jours, dont 30 à 40 jours d'acclimatation. Elle peut s’étendre sur 2 mois et demi.
Les premiers jours, à votre arrivée à Katmandou, il y a une première phase préparatoire, ainsi que les derniers achats de matériel et de provision. Vous volez ensuite jusqu’à Lukla, point de départ de la plupart des treks, et vous vous mettez en route pour la montagne.
Après une quinzaine de jours d’acclimatation, il est temps d’atteindre le camp de base de l’Everest, situé à plus de 5 300 mètres. En général, de J+20 à J+50, les alpinistes font des allers-retours entre le camp de base et les camps 1 (6 100 mètres), 2 (6 400 mètres), 3 (environ 7 000 mètres) et 4 (environ 8 000 mètres), et gravissent quelques pics alentour. Les échelles et cordes fixes ont été disposées en amont par des équipes techniques.
En fonction du temps, des conditions météorologiques, et si une fenêtre le permet, ils peuvent alors tenter d’atteindre le sommet de l’Everest. Après l’ascension, la descente se fait rapidement, dans les jours qui suivent.

Combien de personnes ont déjà gravi le sommet du mont Everest ?
Depuis la première ascension de l'Everest par Hillary et Tenzing en 1953, un peu plus de 7 000 alpinistes ont atteint le sommet de l’Everest depuis 1953, pour plus de 13 000 ascensions cumulées. Les chances de réussite varient fortement selon l’expérience des alpinistes et les conditions météorologiques.
Comment obtenir son permis pour gravir l'Everest ?
Un permis d’ascension est obligatoire pour pouvoir grimper le mont Everest. Il est à demander auprès du gouvernement népalais et à partir de 2025, son coût sera de 15 000 dollars au lieu de 11 000 dollars. Les conditions pour le recevoir ne sont cependant pas simplement monétaires. Il est nécessaire de justifier de la montée d’un autre sommet haut de 6 500 mètres d'altitude minimum, et de faire appel à une agence expérimentée dans la chaîne de l’Himalaya. Cette dernière doit aussi engager un guide népalais pour l’expédition.
Quel budget pour gravir l'Everest (prix) ?
Un voyage sur l’Everest coûte entre 50 000 et 100 000 dollars. Dans ce forfait, l’entretien des chemins, qui a lieu tous les printemps, et des installations, comme les cordes fixes et les échelles, est inclus. Sont également compris le permis d’ascension, les services de l’équipe accompagnatrice, la nourriture, l’oxygène, les marches d’acclimatation et les pourboires pour les guides et les Sherpas.
Vous aussi, vous avez envie de grimper sur l’un des plus beaux sommets du monde ? Retrouvez toutes nos expéditions aux quatre coins de la terre !