Ascension du Makalu, un 8000 emblématique
Les premiers jours de marche traversent des vallées encaissées, où les sentiers serpentent entre rizières, villages isolés et forêts denses. En prenant de l’altitude, la végétation se raréfie.
Au-dessus de 4 000 mètres, le décor change nettement. Les sentiers longent des moraines, franchissent des zones rocheuses instables et s’approchent des glaciers. Le Makalu se distingue alors par ses arêtes nettes et sa forme pyramidale, dominant un environnement minéral où la glace et la roche structurent entièrement le paysage.
Un projet d'expédition ambitieux

En 2008, nous soutenions le projet d'ascension de Martine et François qui souhaitaient se rendre au sommet du Makalu !
L'équipe : Martine, spécialiste des séjours haute montagne pour Allibert Trekking et son mari François, guide de haute montagne et professeur à l’ENSA (École Nationale de Ski et d'Alpinisme).
Le projet : faire l'ascension du Makalu, culminant à plus de 8 000 mètres d'altitude, dans un style léger, sans oxygène !
La préparation de l'expédition vers le Makalu peak
Avant de se frotter aux pentes vertigineuses du Makalu, nos deux acolytes ont pour première mission de "packer" : préparer leur équipement. C'est à Katmandu, dans la capitale népalaise que les derniers préparatifs s'opéreront et notamment grâce à l'aide de l'équipe sur place qui les suivra tout au long de ce projet d'envergure.
Premier stop, Namche Bazar

L'un des villages les plus importants dans la vallée du Khumbu en termes d'acclimatation est Namche Bazar. Enclavé à flanc de montagne et surveillé par le sommet du Thamserku, c'est la (grande) porte d'entrée sur les chemins menant à l'Everest. Martine et François y passeront trois nuits et en profiteront pour redécouvrir les alentours. Quelques randonnées en altitude et des balades supplémentaires dans les ruelles de Namche Bazar seront bénéfiques pour s'acclimater.
Puis, direction Thame pour une immersion dans la culture bouddhiste avec son monastère. C'est aussi un haut lieu de l'himalayisme. En effet, de nombreux alpinistes Sherpa de renom en sont originaires : Apa Sherpa, ayant gravi 21 fois l'Everest, et Kami Rita Sherpa, 24 fois. C'est aussi le village d'origine du célèbre Tenzing Norgay, premier alpiniste à être parvenu au sommet du toit du monde.
Arrivée au camp de base avancé

C'est une arrivée quelque peu spectaculaire que vivront nos deux alpinistes. En effet, ils expliqueront : "à l’atterrissage, suite à une erreur du pilote russe, nous nous sommes lamentablement écrasés". Malgré tout, plus de peur que de mal, il n'y aura aucun blessé ! S'en suivront 7h de marche sur un terrain souvent difficile en raison de nombreux blocs instables. "Nous découvrons avec étonnement le camp idéalement situé à 5 700 m au pied du glacier Chago sur un petit plateau suspendu. Nous nous installons ici pour un mois environ, aussi apprécions-nous la beauté des lieux."
Premières nuits en altitude

Peu de temps après avoir rejoint le camp de base, c'est déjà l'heure de la Puja. Cérémonie bouddhiste obligatoire en territoire himalayen, elle permet de demander aux dieux la permission de gravir une montagne. C'est un moment particulièrement touchant, où l'on se laisse facilement envahir par les chants entêtants du lama (moine tibétain), venu officier.
S'en suivront des nuits quelque peu délicates au contact du froid glacial ambiant une fois le campement plongé dans l'obscurité de la nuit. Il faut alors s'organiser pour survivre dans ces territoires hostiles à l'homme. Nuit après nuit, le même rituel : enfiler sa combinaison duvet, s'hydrater et accepter ces migraines incessantes dues à l'altitude.
Tentative n°1
C'est parti pour la course au sommet ! Encordés à la montagne, il faut se hisser petit à petit sur les cordes fixes accrochées à la pente. Après avoir atteint le col du Makalu La pour y passer la nuit, nos deux acolytes ont pour programme de débuter l'ascension en milieu de soirée. Le froid est intense et après 4h de marche, ils décident de s'arrêter pour examiner mutuellement leurs pieds : dure surprise, Martine qui craint terriblement le froid, a un orteil insensible. Elle ne recouvrera ses sensations qu'après 45 minutes d'un massage intensif. Il ne restait que 600 mètres pour atteindre le top du Makalu, mais c'est une décision pleine de sagesse et sans nul doute la plus raisonnable que prendront Martine et François : garder toutes leurs extrémités et prendre la direction du camp de base. Le renoncement, jamais facile mais toujours instructif, leur permettra d’être encore mieux acclimatés et préparés lors de la prochaine tentative.
Tentative n°2
Martine arrêtera ici ses rêves d'ascension. Atteinte d'un œdème facial, les médecins lui déconseilleront de poursuivre l'aventure. François quant à lui, reprend le chemin des cordes fixes, du Makalu La et pour finir, atteindra le sommet à 8 481 mètres !
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FAQ - Tout savoir sur le mont Makalu
Où se trouve le Makalu ?

Le Makalu s’élève dans l’est du Népal, au cœur du massif du Makalu Barun, l’une des régions les plus sauvages de l’Himalaya. C'est un territoire préservé, entre forêt primaire dense et crêtes d’altitude balayées par les vents.
Situé à proximité immédiate du mont Everest, il marque la frontière naturelle avec le Tibet. Son versant tibétain, plus aride, contraste avec les vallées népalaises profondes, notamment la spectaculaire vallée de l'Arun.
Quelle est la difficulté de l'ascension du Makalu ?
Gravir le Makalu représente un défi majeur. Moins fréquenté que l’Everest, il attire des alpinistes en quête d’une expédition engagée, loin des itinéraires classiques.
Dès les premiers jours, vous ressentez l’ampleur du terrain. L’imposante masse du géant domine chaque partie de la journée, changeant de teinte avec la lumière. L’approche vers le camp de base demande déjà une excellente condition physique, notamment lors de l’effort jusqu'à Shershong, étape clé du trek.
L’ascension elle-même se déroule sur des itinéraires techniques, souvent engagés, notamment sur la redoutable face nord. Vous progressez entre pentes glacées et passages exposés, parfois au cœur des combes glaciaires des pics.
Chaque expédition nécessite une logistique précise, mais aussi une grande capacité d’adaptation. Les conditions évoluent vite en haute altitude, exigeant rigueur et expérience.
Qu'est-ce que l'himalayisme ?
L’himalayisme désigne une pratique spécifique de l’alpinisme en haute altitude. Vous cheminez par étapes, en installant des camps successifs jusqu’au sommet. Cette organisation offre une grande souplesse de fonctionnement, essentielle face aux conditions changeantes.
Relié aux cordes fixes, vous avancez lentement, concentré sur chaque mouvement. L’environnement impose son rythme. Contrairement au style alpin, plus rapide et léger, l’himalayisme privilégie la sécurité et l’endurance sur la durée.
Et l'oxygène dans ce trek ?

En haute altitude, l’air se raréfie rapidement. À mesure que vous gagnez des mètres d'altitude, votre corps doit s’adapter. À près de 9 000 mètres, l’oxygène disponible ne représente qu’environ 30 % de celui présent au niveau de la mer.
Lors d’une expédition vers les sommets de plus de 8 000 mètres, les alpinistes utilisent généralement entre 8 et 12 bouteilles d’oxygène. Cet apport devient essentiel pour soutenir l’effort et limiter les risques liés à l’altitude.
Sur les sentiers du Makalu, même sans viser le sommet, vous ressentez déjà ces effets. Le souffle se fait plus court, les pas plus lents. Une simple montée au-dessus d’une gigantesque coulée de boue ou le long d’une crête demande davantage d’énergie.
Vous apprenez alors à écouter votre rythme et à faire des pauses. Le trek devient une expérience sensorielle intense, où chaque respiration compte.
Quelle est la meilleure période pour un trek au Makalu ?
La meilleure période pour découvrir la région du Makalu s’étend de mars à mai et de fin septembre à novembre.
Au printemps, les températures restent fraîches en altitude, mais les journées s’allongent et la visibilité est souvent excellente sur les sommets. Les forêts s’animent, notamment dans les zones de basse altitude du Makalu Barun, offrant une transition progressive vers les paysages de haute montagne.
À l’automne, après la mousson, l’air est plus stable et particulièrement clair. Les panoramas sont nets, les conditions de marche agréables et les sentiers bien dégagés. C’est une période idéale pour progresser dans la vallée de l’Arun, avec des conditions météo globalement fiables.
En revanche, l’hiver rend les itinéraires difficiles voire impraticables au-dessus de certaines altitudes, tandis que la mousson peut rendre les sentiers glissants et les traversées de rivières plus délicates.
Faut-il une expérience en haute altitude pour aller au Makalu ?

Oui, une expérience préalable en haute altitude est fortement recommandée pour envisager un trek ou une expédition dans la région du Makalu.
Même sans viser le sommet, les itinéraires traversent régulièrement des zones au-dessus de 4 000 à 5 000 mètres, où l’organisme doit s’adapter progressivement au manque d’oxygène. L’acclimatation joue un rôle essentiel, notamment lors de la progression vers le camp de base.
Vous évoluez dans un environnement isolé, avec des étapes longues, parfois plusieurs heures de marche par jour, sur des terrains variés : sentiers forestiers, moraines, passages rocheux ou zones glaciaires. La gestion de l’effort et du rythme est donc primordiale.
Une bonne condition physique est indispensable, tout comme une habitude des treks en altitude. Cela permet de mieux gérer les effets liés à l'altitude et d’apprécier pleinement l’expérience, sans se mettre en difficulté.
Quels sont les sommets les plus hauts du monde, en plus du Makalu et de l'Everest ?
Voici les 12 autres sommets de plus de 8 000 mètres :
- K2
- Kangchenjunga
- Lhotse
- Cho Oyu
- Dhaulagiri
- Manaslu
- Nanga Parbat
- Annapurna
- Gasherbrum I
- Broad Peak
- Gasherbrum II
- Shishapangma.
Ces géants se répartissent entre l’Himalaya et le Karakoram et forment un cercle très fermé de sommets extrêmes. Tous dépassent les 8 000 mètres d’altitude, dans ce que l’on appelle la “zone de la mort”, où le corps humain atteint ses limites en raison du manque d’oxygène.
Le mont Everest domine cet ensemble par son altitude et sa notoriété, tandis que d’autres, comme le K2 ou le Kangchenjunga, se distinguent par leur isolement et leur technicité.
L’ensemble de ces sommets présente des profils très variés : certains sont relativement plus “accessibles” dans le monde de l’himalayisme, d’autres redoutés pour leurs conditions météo imprévisibles, leurs pentes instables ou leur exposition extrême.
Explorer ces montagnes, même sans en viser le sommet, permet de mesurer toute l’ampleur de l’environnement himalayen : un univers d’altitude où la nature impose ses règles et où chaque itinéraire devient une aventure à part entière.
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